Astrologie des Profondeurs : Lilith, Nessus et Sedna, la Musique du Ciel
- Gulsah Meza

- 4 août 2025
- 4 min de lecture
Prenez une profonde inspiration, et laissez-vous glisser dans ce moment. Sentez le poids de votre corps, la texture du tissu sous vos doigts, l’immobilité de l’air autour de vous. Fermez les yeux, et laissez les sons du monde s’éloigner, jusqu’à ne plus percevoir qu’un bourdonnement lointain. Un silence qui n’est pas vide, mais plein de la promesse de l’univers, ou astrologie et musique cohabitent en harmonie.
L'immense voûte étoilée, avec sa noirceur infinie et sa poussière de diamants, a toujours été pour les humains une invitation à l'écoute. Les Anciens, loin de percevoir le cosmos comme un lieu muet, entendaient les planètes danser sur une musique secrète, une symphonie mathématique et céleste que Platon et Pythagore appelèrent la Musique des Sphères. Ils croyaient que chaque astre, par son mouvement parfait, émettait une vibration, une note pure, et que l'ensemble de ces notes formait une harmonie divine. Cette musique, que l'oreille physique ne peut entendre, résonnait jadis au fond de notre âme et nous offrait un sentiment d'ordre et de paix, une douce caresse de l'univers sur notre propre existence.
C'était une mélodie réconfortante, une berceuse cosmique qui nous murmurait que tout avait une place et un sens. Mais les astrologues d'aujourd'hui savent que l'univers ne se contente pas de chanter une douce berceuse. Bien au-delà des planètes que nos ancêtres connaissaient, il y a des corps célestes qui vibrent sur des fréquences plus profondes, plus complexes, qui nous poussent à écouter les ombres de notre propre âme.
Leurs notes sont loin d’être une harmonie parfaite. Ce sont des sons qui nous arrachent à la quiétude pour nous obliger à ressentir. La première de ces notes est celle de Lilith. Dans la symphonie céleste, Lilith est la mélodie sauvage, indomptable, une note brute et sensuelle qui refuse d'être domestiquée. Elle n'est pas une dissonance négative, mais un contrepoint libérateur à la rigidité de l’ordre établi. Son son est un appel du corps, une mélodie qui vibre de rébellion et de souveraineté. L'écouter, c'est s'autoriser à faire vibrer cette part de vous-même qui s’est tue, à chanter votre propre vérité, sans aucune concession. C’est la musique de l’émancipation, un chant qui libère la voix et le corps.

Ensuite, si vous osez vous aventurer encore plus loin, il y a la musique de Nessus. L'orbite de cet astéroïde est une danse chaotique, un voyage solitaire à travers un vide sidéral d'un froid glacial, où la lumière du soleil est une promesse lointaine. Le son de Nessus est une dissonance qui fait mal, une vibration perçante qui fait écho aux vieilles blessures, aux trahisons et aux schémas d'abus. C’est un son qui nous force à ressentir, comme le contact d'une lame de glace sur une plaie oubliée, afin d'y insuffler une nouvelle vie. Écouter Nessus, c'est s’ouvrir à la source de notre poison pour mieux le transmuter, c'est un chant de confrontation nécessaire et exigeant, qui nous pousse à libérer ce que nous portons encore.

Enfin, il y a la note la plus lointaine et la plus profonde, celle de Sedna. Si Nessus voyage dans le froid, Sedna habite un silence qui est la quintessence du vide. Son orbite est une danse de solitude de plus de 11 000 ans, un voyage dans une immensité glaciale où le soleil n’est qu’une étoile parmi d'autres. Le contact de cet espace est celui d’un froid absolu qui engourdit tout, un noir total où les sensations se dissolvent dans le néant. Le son de Sedna n’est pas une dissonance, c’est une mélodie éthérée, quasi imperceptible, qui porte en elle la mémoire des traumatismes ancestraux et des abandons fondamentaux. Son chant, c’est l’écho d’un chagrin qui ne nous appartient pas, une vibration si profonde qu’elle semble venir de nos os, une blessure devenue si ancienne qu'elle ne fait plus mal, mais qu'elle fait écho dans notre silence intérieur.

Ces notes ne peuvent être jouées par un instrument classique. Elles exigent un outil qui capte l'invisible et traduit le toucher sans contact. C’est pour cela que je me suis plongée dans le Theremin. Cet instrument, dont on ne touche jamais la surface pour en faire sortir un son, produit des sons venus d’ailleurs, par la simple proximité de nos mains, de notre corps. Le Theremin est un pont entre le son et le silence, un moyen de capter les fréquences de ces corps célestes sans avoir à les contraindre. C'est la voix parfaite pour la mélodie sauvage de Lilith, la vibration perçante de Nessus, et le chant éthéré de Sedna. Il nous montre que le pouvoir d'entendre, de jouer et de guérir est en nous, simplement en s’ouvrant à une présence invisible, en posant une intention, en offrant une partie de soi au vide pour en recevoir un don.
Laissez-vous à nouveau porter. Sentez la chaleur revenir à vos doigts, le son de la vie revenir doucement autour de vous. Écoutez maintenant, non pas avec vos oreilles, mais avec votre âme. Quelle est la mélodie de votre Lilith, de votre Nessus, de votre Sedna ? Quelles histoires vous racontent-elles, et quelle musique êtes-vous prête à en faire pour libérer et honorer ce que vous portez ?



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