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Les Sept Voiles de l'Âme : Quand Luna Descendit avec Inanna (Partie 2)



Le souffle de Luna revint, lent et hésitant, comme après une immersion profonde dans une eau glacée. La douleur lancinante s'atténua, laissant derrière elle une étrange vacuité. Elle était toujours là, assise dans son jardin, le livre ouvert sur ses genoux, mais une partie d'elle semblait encore suspendue à ce crochet invisible, partageant le sort d'Inanna.


Elle relut les mots qui précédaient l'abîme, cherchant un point d'ancrage dans la réalité du récit : "Elle fut changée en cadavre suspendu à un crochet." Un frisson persista, mais une distance commençait à se créer, comme si le rêve s'estompait au réveil.


Une pause. Luna sentit le soleil sur sa peau, la douce odeur des fleurs environnantes. Plus tôt, après la vive altercation avec sa meilleure amie, elle avait ressenti cette même sensation d'être "suspendue", incapable de réagir, comme vidée de sa propre vitalité. La colère de son amie, si soudaine et virulente, avait résonné en elle comme les "paroles pleines de colère" des juges des Enfers. Encore cette étrange synchronicité…


Elle reprit sa lecture, avec une prudence nouvelle :


"Après que les jours eurent passé, que les nuits eurent passé, Inanna, la dame du ciel, ne bougea pas. Ninshubur, sa fidèle suivante, Se lamenta pour sa maîtresse à travers les villes."


La loyauté de Ninshubur, son chagrin persistant, touchèrent une corde sensible chez Luna. Elle pensa à ses propres moments de détresse, à la solitude parfois ressentie malgré la présence des autres. Le besoin d'une alliée fidèle, d'une voix qui plaide en notre faveur dans les moments sombres…


Ninshubur alla auprès des grands dieux :

Auprès d'Enlil, son père, elle alla,

Les larmes sur son visage.

"Ô mon père, Inanna n'est pas allée au Grand Au-delà,

Mais au monde souterrain.

Faites qu'elle ne soit pas tuée dans le monde souterrain !"

Enlil ne répondit pas.

Elle alla auprès de Nanna, son père,

Les larmes sur son visage.

"Ô mon père, Inanna n'est pas allée au Grand Au-delà,

Mais au monde souterrain.

Faites qu'elle ne soit pas tuée dans le monde souterrain !"

Nanna ne répondit pas.


Le silence des dieux face à la détresse d'Inanna évoqua pour Luna les moments où elle s'était sentie incomprise, où ses appels à l'aide étaient restés sans écho. Cette impuissance face à l'adversité…


Elle alla auprès d'Enki, le dieu de la sagesse,

Les larmes sur son visage.

"Ô mon père Enki, Inanna n'est pas allée au Grand Au-delà,

Mais au monde souterrain.

Faites qu'elle ne soit pas tuée dans le monde souterrain !"

Enki, dans sa sagesse, créa deux êtres :

Le kurjara et le galatur.

Il leur donna la nourriture de la vie et l'eau de la vie.


L'intervention d'Enki, le dieu de la sagesse, apportait une lueur d'espoir. Luna sentit une infime étincelle se rallumer en elle, la possibilité d'une solution, d'une guérison, même dans les profondeurs de l'ombre. La sagesse, la connaissance… peut-être étaient-elles les clés.


Il leur dit : "Allez au monde souterrain.

Devant Ereshkigal, laissez tomber vos têtes.

Quand elle dira : "Ah, mes intestins ! Ah, mon cœur !"

Faites-la gémir avec vous.

Quand elle dira : "Ah, mes yeux ! Ah, ma gorge !"

Faites-la gémir avec vous.

Apportez la nourriture de la vie et l'eau de la vie.

Répandez-les sur le cadavre suspendu au crochet.

Qu'Inanna se relève !"


Les instructions d'Enki, la nécessité de la compassion et de la connexion avec la souffrance d'Ereshkigal elle-même… Cela évoqua pour Luna l'idée que même l'ombre porte en elle sa propre douleur, et que la guérison passe peut-être par une forme d'empathie.


Luna lut la suite, son souffle se faisant plus léger :


Le kurjara et le galatur obéirent à ses paroles.

Ils allèrent au monde souterrain.

Devant Ereshkigal, ils laissèrent tomber leurs têtes.

Quand elle dit : "Ah, mes intestins ! Ah, mon cœur !"

Ils la firent gémir avec eux.

Quand elle dit : "Ah, mes yeux ! Ah, ma gorge !"

Ils la firent gémir avec eux.

Ils apportèrent la nourriture de la vie et l'eau de la vie.

Ils les répandirent sur le cadavre suspendu au crochet.

Inanna se releva.


Un soupir de soulagement échappa aux lèvres de Luna. La vie revenait, la puissance n'était pas anéantie. Une force subtile sembla l'envahir, une sensation de résilience, de capacité à surmonter l'obscurité. C'était comme si une part d'Inanna, cette force qui avait osé descendre, se réveillait en elle.


Elle continua, observant attentivement la suite du récit :


Elle passa la première porte. On lui rendit le pagne qui recouvrait sa beauté.

Elle passa la deuxième porte. On lui rendit le sceptre et l'anneau de lapis-lazuli dans sa main. Elle passa la troisième porte. On lui rendit les bracelets d'or qui serraient ses poignets.

Elle passa la quatrième porte. On lui rendit les chaînes de perles qui ornaient sa poitrine.

Elle passa la cinquième porte. On lui rendit les colliers de petites pierres-lazuli autour de son cou.

Elle passa la sixième porte. On lui rendit les boucles de ses cheveux qui tombaient sur son front. Elle passa la septième porte. On lui rendit la grande couronne de sa tête.


À chaque porte franchie, à chaque insigne de pouvoir récupéré, Luna sentait une affirmation grandir en elle. La vulnérabilité s'estompait, remplacée par une assurance tranquille. C'était comme si, en suivant le chemin inverse d'Inanna, elle recouvrait elle aussi des parts d'elle-même qu'elle avait inconsciemment abandonnées. Une image lui vint à l'esprit : une vieille blessure, longtemps cachée, commençait à cicatriser, laissant une cicatrice certes visible, mais témoignant de sa capacité à guérir.


Mais le récit ne s'arrêtait pas là…


"Alors Inanna s'avança hors du monde souterrain.

Les petits démons s'accrochaient à ses talons.

"Qui est-ce qui vous a envoyés ?

Si vous me laissez partir,

Je laisserai prendre ma place qui vous plaira."


La liberté d'Inanna avait un prix. Les démons réclamaient une substitution. Luna sentit une ombre planer à nouveau, le rappel que toute libération pouvait engendrer de nouvelles responsabilités, de nouveaux défis.


[Fin de la Partie 2]



 
 
 

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